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Chemin de l’église Saint-Pierre, Tonnerre, Émile Bernard

Chemin de l'église Saint-Pierre, Émile Bernard

Chemin de l’église Saint-Pierre, Tonnerre, hst, 76 x 61 cm, Émile Bernard, collection particulière

Quand on pense à Émile Bernard, on pense bien sûr à Pont-Aven, à Gauguin, à Van Gogh ou bien encore à Cézanne, qu’il admirait tant qu’il a été rendre visite au maitre d’Aix, ou encore à Lautrec avec il était à l’académie Cormon, ou enfin à l’Égypte où il a passé plus de dix ans, entre 1893 et 1904. Mais sa vie bourguignonne est beaucoup moins connue.

Quand Émile a quitté l’Égypte en 1904, il a laissé sa femme égyptienne seule et sans ressources. Il a emmené ses enfants en France. Il les confie à sa nouvelle compagne : André Fort, sœur de Paul, le poète. Elle est installée à Tonnerre. Émile Bernard continue sa vie mondaine, il passe à Tonnerre en revenant de Munich ou de Paris. Il emmène Andrée à Naples, où elle va accoucher d’un nouveau petit Bernard. Et Émile repart à Aix voir Cézanne. Est-ce le prénom qui le rapproche à ce point de Jean-Jacques Rousseau, l’homme qui a écrit un traité sur l’éducation tout en abandonnant ses enfants.

En 1913, bien après ses années égyptiennes, il vit une passion avec Armène Ohanian, jeune femme d’origine perse, mais cette fois il reste à Montmartre. Cette liaison durera trois ans. Abandonné par sa maîtresse, il retournera à Tonnerre où il écrit et réfléchit aux gravures qu’il doit réaliser pour Ambroise Vollard. Il a eu trois enfants avec Andrée.

Les années passent. La vraie Mme Bernard meurt au Caire en 1937. L’année suivante, Émile épouse Andrée Fort. Mais il ne vivra jamais à Tonnerre, se contentant d’y passer quelques jours chaque année.

Quelle erreur, M. Bernard !

Le chemin de l’église Saint-Pierre est magnifique. Mais vous auriez pu aussi peindre les berges de l’Armançon ou du canal de Bourgogne, les nuances vertes du bassin quand l’eau sort de la fosse Dionne, aller à Tanlay, Ancy-le-Franc, Semur-en-Auxois ou Vézelay. Sans compter qu’au début de l’installation d’Andrée Fort à Tonnerre, Misia et Thadée Natanson étaient tout près à Villeneuve-sur-Yonne où ils recevaient les Nabis, et Renoir passait l’été à Essoyes.

10/02/2016

Photo Courtesy The Athenaeum, rocsdad

Richard Gallo et son chien Dick, au Petit-Gennevilliers, Gustave Caillebotte

Richard Gallo et son chien Dick, au Petit-Gennevilliers, Gustave Caillebotte

Richard Gallo et son chien Dick, au Petit-Gennevilliers, 1884, hst, 89 x 116 cm, Gustave Caillebotte, collection Samuel et Paul Josefowitz.

Caillebotte (1848-1894), un mécène pour ses amis peintres, un camarade qui peignait aussi, et pour le grand public l’homme de la donation du scandale en 1894 après son décès. Sur les soixante-huit œuvres du legs Caillebotte, seulement trente-huit tableaux (de Manet, Degas, Renoir, Monet, Sisley, Pissarro, Cézanne) seront acceptés par l’État. Puis Caillebotte redeviendra un peintre aux yeux du public d’abord américain, puis français après l’exposition de 1994.

Le tableau du jour a été peint près de la maison que Caillebotte a achetée au Petit-Gennevilliers en 1881. À cette époque, Claude Monet a déjà quitté Argenteuil (que l’on voit sur la rive en face). Caillebotte régate au Cercle de la Voile de Paris, installé près du pont routier, à quelques centaines de mètres de chez lui.

Richard Gallo est un ami de longue date de la famille Caillebotte. Il apparaît déjà sur la Partie de bésigue, tableau de 1881. Il devint rédacteur puis directeur du «  Constitutionnel ».

La maison de Caillebotte sera léguée après sa mort à sa compagne Charlotte Berthier, qui l’habitera jusqu’en 1903. Incluse dans l’emprise des usines de motos Gnôme et Rhône, elle sera détruite lors des bombardements du 10 mai 1944. Le terrain est maintenant enclavé dans l’usine Snecma.

De nombreux éléments frappent dans ce tableau. Tout d’abord une conception photographique ou cinématographique de la composition. C’est un arrêt sur image, on imaginerait volontiers un travelling. Ensuite un plan d’eau coloré. Manet avait fait rire au Salon avec son « Argenteuil » en 1875 dont public et critiques raillaient le bleu trop soutenu. L’œil a déjà changé neuf ans plus tard. Mais en même temps la pollution de la Seine, une des causes de départ de Monet, se remarque et les algues ont envahi le plan d’eau. De l’autre côté de la rivière, c’est Argenteuil et son industrialisation rapide, du fait de la gare. Gallo et son chien ne sont pas réellement les vedettes dans cette toile mais surtout des taches foncées contrastant avec la Seine, l’herbe et les arbres, et le ciel. Un tableau lumineux, caractéristique de la peinture de plein air introduite dans la décennie précédente, mais qui ne fait aucune concession à la sûreté du dessin.

08/02/2016

Photo wikimedia commons Gustave_Caillebotte_Richard_Gallo_and_his_Dog_at_Petit_Gennevilliers.jpg Usr Paris 16

Bachi-bouzouk, Jean-Léon Gérôme

Bachi-bouzouk, Jean-Léon Gérôme

Bachi-bouzouk, 1869, Jean-Léon Gérôme, Metropolitan Museum of Art, New-York.

De 1822 à 1900, l’Orient proche est à la mode, les odalisques d’Ingres (le Bain turc en 1859) ou Delacroix (1857) répondent aux turqueries de Pierre Loti (Ayzadé paraîtra en 1879). C’est la période de la guerre d’indépendance de la Grèce (1822-29), de la colonisation de l’Afrique du nord (1830-1857), de la campagne de Crimée (1853-56) enfin pendant laquelle l’Empire ottoman est l’allié de la France.

Au-delà des jeunes femmes qui font rêver les peintres, s’expriment d’autres exotismes. Parmi eux, les bachi-bouzouks, des mercenaires de l’armée ottomane, souvent d’origine albanaise, mais pouvant comme dans ce tableau être africains. Ces soldats sont d’abord des cavaliers, à l’armement très léger, à l’uniforme folklorique (başıbozuklar signifie « têtes non standardisées « ) et peu disciplinés, employés pour terroriser et piller les populations.

Jean-Léon Gérôme est un peintre académique qu’on qualifiait il a encore dix ou vingt ans de pompier, et qu’on regardait avec un certain mépris. Il était l’ennemi intime de Manet. En 1894 encore, il va prendre la tête des opposants au legs Caillebotte ! Choqué par la présence d’impressionnistes à l’Exposition Universelle de 1900, il empêche le président Loubet de pénétrer dans la salle en lui disant : « C’est ici le déshonneur de l’art français ».

Et pourtant ! Bien sûr, la pose est académique mais rien de mièvre, contrairement aux œuvres de Bouguereau ou Cabanel, dans ses compositions. Le fier guerrier qui pose pour ce tableau est impressionnant tant dans sa physionomie, que dans ses vêtements et son accoutrement. Un signe qui ne trompe pas : le Metropolitan Museum en a fait la couverture de son catalogue général.

Enfin, est-il besoin de rappeler que traiter quelqu’un de bachi-bouzouk n’était pas un compliment… dans la bouche du capitaine Haddock ?

04/02/2016

Photo VisiMuZ

P.S. : S’il avait un rapport avec la peinture, nous vous parlerions bien aussi d’Eugene Jacques Bullard, une personnalité exceptionnelle, le premier pilote noir des Forces Alliées, engagé volontaire en 1914 en France dans la Légion Étrangère. Il était compagnon d’armes de Moïse Kisling et Blaise Cendrars. Même si, du fait de l’époque, il a souffert, trop souvent, du racisme (mais beaucoup moins en France qu’aux États-Unis où il était né), peut-être que, contrairement à une croyance à la mode, les gens et les époques ne sont ni tout blancs, ni tout noirs !

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