Nu au collier de corail, August Macke

Nu au collier de corail, August Macke

Nu au collier de corail,1910, hst, 83 x 60 cm, August Macke, Sprengel Museum, Hanovre

Une œuvre de jeunesse d’un artiste (il a vingt-trois ans) qui ne connaîtra pas la maturité puisqu’il meurt au front quatre ans plus tard.

Macke a été d’abord fortement influencé par les impressionnistes français suite à de nombreux voyages d’études à Paris. Mais en 1909-1910, sa vie a changé. Il a d’abord épousé en 1909, Élisabeth Gerhardt. August en était amoureux depuis qu’il avait fait sa connaissance, alors qu’il n’avait que seize ans. Les jeunes mariés ont quitté Bonn pour habiter à Tegernsee, petite ville au bord d’un lac au sud de Munich. Durant cette période de bonheur, Macke a peint près de deux cents toiles, dans lesquelles l’influence de Cézanne et celle des Fauves (Dufy, Vlaminck, Van Dongen, Matisse) se font fortement sentir. Dans ce nu sensuel, on retrouve aussi l’influence du sculpteur Aristide Maillol dont Macke a vu les œuvres dès 1908.

Élisabeth a-t-elle posé pour ce tableau ? Ce n’est pas impossible et semble plausible, par rapport à la période de création et quand on compare le tableau avec des photos de la belle jeune femme.

Le thème du Nu au collier de corail va resurgir un peu plus tard (en 1917) dans l’œuvre de Modigliani (nous en parlerons dans le tome II de sa biographie à paraître chez VisiMuZ).

30/04/2016

Photo The Athenaeum, Usr : rocsdad

La Machine de Marly, Alfred Sisley

La Machine de Marly, Alfred Sisley

La Machine de Marly, 1873, hst, 45 x 64,5 cm, Alfred Sisley, NY Carlsberg Glyptotek, Copenhague, Daulte n° 67.

Les noms de Marly et de Sisley sont indissolublement liés à cause de la peinture des inondations de Port-Marly (et de ses répliques et variantes dont nous reparlerons). Sisley s’était d’abord installé dans les boucles de la Seine pour fuir l’occupation prussienne et la Commune. Il a habité en premier lieu Louveciennes puis en 1875, la famille Sisley va déménager de Voisins (Louveciennes) à Marly-le-Roi, pour un logement au loyer moins élevé, près de l’Abreuvoir. Ils vont y rester jusqu’en mars 1878.

La machine de Marly avait été construite sous le règne de Louis XIV pour alimenter en eau les jardins du château de Marly et du parc de Versailles en installant une dérivation sur la Seine. Elle fonctionna jusqu’en 1817 et fut remplacée sous Napoléon III par la machine de Dufrayer abritée dans le bâtiment que l’on voit ici. Cette machine comportait six roues de 12 mètres de diamètre. Elle fut détruite en 1968.

Sur ce tableau, le rose-orangé des briques répond aux bleus de la Seine et du ciel. On retrouve ici l’association bâtiments-nature, qui a souvent fait le succès du peintre et une structure géométrique d’horizontales, interrompues par la diagonale du barrage.

Le peintre a aussi représenté le chemin d’accès à la Machine (musée d’Orsay, Daulte 102), l’année suivante l’aqueduc qui transportait l’eau (musée de Toledo, Ohio, Daulte 133), puis les réservoirs en hiver (National Gallery Londres, Daulte 152), la Baignade des chevaux à Port-Marly (Virginia Museum of Fine Arts, Richmond, Virginie, Daulte 172).

Sisley et Marly, une histoire et des tableaux à retrouver en détail dans la biographie enrichie parue chez VisiMuZ.

27/04/2016

Photo wikimedia commons File : Alfred_Sisley_043.jpg Usr Eloquence

Quilleboeuf, estuaire de la Seine, Joseph Mallord William Turner

Quilleboeuf, estuaire de la Seine, J.M.W. Turner

Quilleboeuf, estuaire de la Seine, 1833, hst, 88 x 120 cm, Joseph Mallord William Turner, fondation C. Gulbenkian, Lisbonne.

John Ruskin (Notes on the Turner Collection, 1857) a divisé l’œuvre de J.M.W. Turner (1775-1851) en 4 périodes. La deuxième commence après 1820.

« Il n’imite plus, du moins directement. Il met en œuvre les éléments qu’il s’est adjoint, il cherche un idéal, quelque chose qui dépasse, qui exalte la nature. Cette période se termine vers 1835.

Pendant une dizaine d’années (1835-1845), il est pleinement maître de son talent et de son génie ; il cesse de chercher un idéal, il se laisse inspirer par la nature qu’il transforme d’après sa nature, d’après les besoins essentiels de son génie. »

En 1833, il avait 58 ans. De 1830 à 1845, il a ébloui le monde. Depuis 1802, il voyageait régulièrement en France, en Suisse, en Italie.

Le tableau du jour se situe en Normandie, près de l’estuaire de la Seine, là où se trouvait le bac avant le pont de Tancarville. La nature est magnifiée, idéalisée, les vagues, qui sont le fait d’une « barre » liée à la marée, sont sans doute exagérées par l’artiste qui réinvente son monde, avec cette écume sur la gauche qui devient plus haut un vol de mouettes. Le côté dramatique est intensifié par le phare, l’église et le cimetière en arrière-plan (la trilogie du marin). Le tableau a été réalisé en atelier, une aquarelle, prise sur le vif, l’avait précédé en 1832. Lors de sa présentation en 1833, une annotation dans le catalogue de l’exposition à la Royal Academy mettait en garde contre les dangers de la marée montante pour les navires et les marins. Cette toile justifierait à elle seule s’il en était besoin le surnom de « peintre de la lumière » qui a accompagné Joseph Mallord William Turner. Les lignes sur terre s’estompent derrière les gouttes d’eau et l’humidité qui imprègnent toute la scène. Les différents cercles, du vol de mouettes aux vagues et aux nuages intensifient le mouvement.

25/04/2016

Photo VisiMuZ.

Autoportrait aux seins nus, Suzanne Valadon

Autoportrait, Suzanne Valadon

Autoportrait aux seins nus, 1917, hst, 65 x 50 cm, Suzanne Valadon, collection privée.

Un selfie ! voire un sexfie ? Et pourtant Suzanne Valadon (1865-1938) n’appartenait pas à la génération Z. Mais cette femme a bousculé toutes les barrières. Issue d’un milieu plus que modeste, elle sera lingère, acrobate, modèle, peintre et mère de peintre (Maurice Utrillo). Elle est devenue châtelaine (à Saint-Bernard) dans l’Ain. Elle a vécu avec Toulouse-Lautrec, a eu comme amant Erik Satie, Renoir et Puvis de Chavannes. Son professeur de dessin s’appelait Degas (excusez du peu !) En 1894, elle est la première femme peintre reconnue en étant acceptée comme membre de le Société Nationale des Beaux-Arts. Nous avons publié sur le site un article sur cette femme libre :

http://www.visimuz.com/8-mars-journee-internationale-des-femmes-hommage-a-suzanne-valadon/

Mais arrêtons-nous quelques instants sur ce tableau ! On est loin de Flora ou de Vénus idéalisées par la Renaissance. Au point de vue du style, l’artiste a évolué depuis les années 1890 et a été influencée par le cubisme de ses confrères plus jeunes.

Suzanne s’est remariée en 1914 avec André Utter (de 21 ans son cadet). En 1917, elle a 52 ans et assume pleinement sa féminité. Elle récidivera en 1931 avec un autre autoportrait aux seins nus, elle avait alors 66 ans.

À la fin de sa vie, Suzanne confiait à Michelle Deroyer : « Que des hommes m’aient aimée comme une femme que j’étais, soit ! Mais je veux être aimée des hommes qui ne m’auront jamais vue, qui demeureront à rêver, à méditer, à m’imaginer devant un carré de toile où , avec quelques couleurs, j’aurai mis une image et aussi un peu de mon âme. » (Fayard, 1946).

Alors, Suzanne toujours aussi généreuse, nous donne son image, pour rêver et méditer, sur son destin, sur le désir et le plaisir, sur la Condition Humaine.

22/04/2016

Photo The Athenaeum Usr Irene

Long Branch, New Jersey, Winslow Homer

Long Branch, New Jersey, Winslow Homer

Long Branch, New Jersey, 1869, hst, 41 x 55 cm, Winslow Homer, Museum of Fine Arts, Boston.

Entre 1867 et 1869, en France, Boudin a peint Trouville, Monet Sainte-Adresse et Courbet Étretat. Mais Winslow Homer était déjà rentré aux États-Unis. Certes il a passé 10 mois à Paris en 1867, il a exposé au Salon, mais il n’a pas frayé avec la communauté des artistes et des peintres français, ni même avec ses confrères américains. Sargent ou Whistler étaient des peintres de la bourgeoisie, alors que Winslow était le peintre des grands espaces américains.

À Paris, seul le critique Paul Mantz l’avait remarqué. Il écrivit dans la Gazette des Beaux-Arts : « En toute justice, M. Winslow Homer ne devrait pas être ignoré ou oublié[…] C’est une peinture solide et précise, dans la manière de Gérôme, mais sans sa sècheresse ».

Homer avait couvert la guerre de Sécession comme correspondant peu-avant et les querelles parisiano-parisiennes le laissaient de marbre. À l’Exposition universelle de Paris, il a présenté Prisonniers au front. Chaque fois qu’il le pouvait il rejoignait Barbizon et la forêt. Il était dès 1867 un peintre de plein-air.

Rentré aux États-Unis, il se spécialisera dans les scènes au bord de ou sur la mer. Le tableau du jour nous montre une facette rare de son talent. Il peint les élégantes de la haute société de la côte Est en haut des dunes. L’ensemble est solide, la touche vigoureuse et la lumière subtile.

Un rappel : nous sommes ici en 1869. Les Femmes à l’ombrelle de Monet (musée d’Orsay) ne verront le jour qu’en 1886.

L’Amérique commençait avec Homer à prendre son indépendance en matière de peinture par rapport à l’Europe. Winslow Homer est un très grand peintre, tant dans ses toiles que dans ses aquarelles, mais qu’on ne peut malheureusement aller admirer qu’en ayant traversé l’Atlantique, à l’exception d’une toile à Orsay : Nuit d’été, de 1890.

20/04/2016

photo wikimedia commons Winslow_Homer_-_Long_Branch,_New_Jersey.jpg Usr Botaurus

Le Chemin de fer, Édouard Manet

Le Chemin de fer, Édouard Manet

Le Chemin de fer, 1873, hst, 93,3 x 111,5 cm , Édouard Manet, National Gallery of Art, Washington

Nous voyons sur ce tableau une jeune femme qui regarde le peintre avec un livre et un petit chien sur les genoux, une enfant (dont nous pouvons supposer qu’elle est sa fille, ou un enfant qu’elle garde), une grille, un nuage de fumée. La scène est paisible et pourtant cette fumée fait penser aux adolescents qu’il s’agit d’un incendie (nous avons fait plusieurs tests). Le titre du tableau donne immédiatement du sens. Les générations nées avant 1960 se souviennent du plaisir d’enfant consistant à regarder les locomotives qui arrivaient en gare en crachant leurs volutes de vapeur, en empoignant les barreaux du pont qui existait généralement au-dessus de la gare.

Le tableau prend tout son sens quand on apprend que le modèle de la jeune femme est Victorine Meurent, l’Olympia de 1863, l’ancien modèle du peintre et peut-être aussi maîtresse (en tout cas c’est ce qu’en dit Zola dans son roman L’Œuvre, paru après la mort de Manet). Ce tableau est le dernier où elle pose pour lui, dix ans après le Déjeuner sur l’herbe et Olympia. Manet vieillit, sa santé est précaire, Victorine va aussi arrêter sa carrière de modèle, et toute la mélancolie de la fin d’une époque se lit dans le regard de la jeune femme. En même temps, le monde change, et Manet, quelque temps avant Monet, peint la modernité et le chemin de fer si présent sans qu’il soit visible. L’enfant, qui représente l’avenir, s’empare à bras-le-corps de cette époque nouvelle.

Retrouvez Manet, Suzanne et Victorine dans la biographie de Manet par Théodore Duret, chez VisiMuZ.

18/04/2016

Photo Courtesy National Gallery of Art, Washington

Femme agenouillée à la robe rouge orangé, Egon Schiele

Jeune fille agenouillée à la robe orange, Egon Schiele

Femme agenouillée à la robe rouge orangé, 1910, Craie noire, aquarelle et gouache sur papier, 44,6 x 31 cm, Egon Schiele, Leopold Museum, Vienne

Egon Schiele a vingt ans en 1910. Il est déjà délibérément provocateur et va réaliser cette année-là cinq nus émaciés et agressifs. Trois sont des autoportraits, deux des portraits de sa jeune sœur Gertrude (Gerti), qui a seize ans la même année.

L’érotisme omniprésent dans ses œuvres est curieusement absent de celle-ci. Pas de nu centré sur les parties génitales, pas de sous-entendu scabreux pour « choquer le bourgeois ».

On remarque plutôt le sens aigu de l’artiste pour la composition, avec ces deux pieds qui s’appuient sur deux bords du tableau. Gerti a posé pour cette œuvre comme pour bien d’autres. Elle est posée sur son genou gauche, et cette posture ancre son corps dans un losange, amplifié par le trait de crayon qui va de sa robe à ses mains.

Elle regarde fermement son frère de son œil unique (l’autre est caché par ses mains), ébauche un sourire — est-il ironique ? méprisant ? — et noue ainsi aussi une relation avec le spectateur.

La dramaturgie mise en exergue par ces mains qui semblent exprimer toute la douleur du monde est balancée par une harmonie subtile de couleurs sur un fond neutre. Les couleurs plus foncées du visage et de la chevelure font comme une cible dans la composition et dirigent le regard du spectateur vers l’œil de la jeune fille.

Cette aquarelle a été exposée à Paris, au Grand Palais en 2006. Elle fait partie de la collection de 41 toiles et 186 dessins d’Egon Schiele au Leopold Museum à Vienne.

15/04/2016

Photo wikimedia commons File : Egon_Schiele_-_Kneeling_Female_in_Orange-Red_Dress_-_Google_Art_Project.jpg Usr DcoetzeeBot

Devant la psyché, Berthe Morisot

Devant la psyché, Berthe Morisot

Devant la psyché, 1890, h.s.t., 55 x 46 cm, Berthe Morisot, collection particulière.

Vers 1890, Berthe a peint plusieurs scènes de femme à sa toilette. Un thème particulièrement ancré dans la vie moderne, cher aussi à Degas, et pour lequel elle suit le conseil d’Edmond Duranty (La Nouvelle Peinture, 1876) : « peindre son modèle de dos, et être en rupture avec les règles du passé ». Le décor est celui de son appartement de la rue Weber.

Bien que le tableau soit toujours dans une collection privée, il est vite devenu célèbre. La psyché, grand miroir sur deux axes et que l’on peut incliner à volonté, est un meuble emblématique de la fin du XIXe. Zola par exemple en fait mention dans Nana (1881).

Le nom de psyché est dérivé de celui d’une princesse de la mythologie grecque, dont la beauté excita la jalousie de la déesse Aphrodite. Celle-ci demanda à son fils Éros (Cupidon) de tourmenter Psyché mais celui-ci tomba amoureux de la belle. Aphrodite lui imposa des épreuves que Psyché, aidée des dieux, réussit. Elle fut élevée alors au rang de déesse et gagna l’immortalité. La fille de Cupidon et de Psyché est Volupté.

La touche de Berthe est reconnaissable et la plus « impressionniste » de toutes.

Un tableau à retrouver avec tous les autres dans la biographie de Berthe Morisot par Charles Fegdal, enrichie par VisiMuZ.

12/04/2016

Photo Courtesy The Athenaeum, rocsdad

La Seine à Saint-Cloud, Edvard Munch

La Seine à Saint-Cloud,  Edvard Munch

La Seine à Saint-Cloud, 1890, hst, 47 x 61 cm, Edward Munch, collection particulière.

Né en Norvège en 1863, Edward Munch a eu une enfance marquée par la mort. Il perd la plupart de ses proches (dont sa mère à l’âge de cinq ans) avant l’âge adulte. Il aura naturellement envie de peindre non ce qu’il voit mais ce qu’il ressent (tristesse, mélancolie, angoisse, etc.) et devient à ce titre un pionnier de l’expressionnisme. Il fait un premier séjour à Paris en 1885 puis revenu en Norvège, obtient à la suite d’une exposition, une bourse d’études de 3 ans à Paris en 1889.

Il est sensible aux grands mouvements théoriques qui agitent Paris à cette époque. Le divisionnisme, mais surtout les symbolistes et les Nabis. Il en déduit que « L’appareil photo ne peut pas concurrencer le pinceau et la palette tant que l’on ne peut pas l’utiliser au Paradis ou en Enfer. »

À l’époque de notre tableau, il est encore assez proche techniquement du divisionnisme cher à Seurat et Signac, et pour la lumière, de l’impressionnisme des séries de Claude Monet. Il reprend la Seine à différentes heures du jour comme s’il s’agissait de Meules, de la façade de la cathédrale de Rouen (Monet), ou du canal du Loing (Sisley). Il y exprime ses états d’âme au moins autant qu’il cherche à capter la lumière.. On connaît au moins 9 versions de notre tableau du jour, dont l’étude ci-dessous.

La Seine à Saint-Cloud Edvard Munch

La Seine à Saint-Cloud, 1890, huile sur carton, 17 x 33 cm, Edward Munch,collection particulière.

08/04/2016

Photos 1 et 2 : Courtesy The Athenaeum, rocsdad

Le Lac de Thoune aux reflets symétriques, Ferdinand Hodler

Le Lac de Thoune aux reflets symétriques,  Ferdinand Hodler

Le Lac de Thoune aux reflets symétriques, 1909, hst, 67.5 x 92 cm, Ferdinand Hodler, Musée d’Art et d’Histoire, Genève.

Dans la dernière partie de sa vie, Ferdinand Hodler (1853-1918) a voulu simplifier sa peinture, il a éliminé tous les détails pour se concentrer sur les grandes lignes de la structure. De même il a simplifié au maximum sa palette chromatique et tenté de reproduire l’harmonie de la nature en utilisant la géométrie, le parallélisme et la symétrie. Ici, comme dans d’autres tableaux sur le même thème, peints depuis Leissingen, il nous révèle une double symétrie avec un axe vertical mais aussi avec un axe horizontal pour les reflets des montagnes dans l’eau du lac. Comme pourront le dire tous les touristes qui arrivent au lac de Thoune en ayant vu les tableaux de Hodler, ils voient alors le lac avec à l’esprit les structures de Hodler. Il est fréquent maintenant de parler de la « symétrie hodlérienne »

Une grande salle est consacrée aux paysages de Hodler au MAH Genève et l’effet est saisissant. À ne pas manquer si vous passez par là.

06/04/2016

Photo VisiMuZ

Femme en vert lisant, Jules Pascin

Femme en vert, lisant, Jules Pascin

Femme en vert lisant, 1917, hst, 89,2 x 69,2 cm, Jules Pascin, fondation Barnes, Philadelphie

Jules Pascin fait partie de la légende de l’école de Paris (avec Modigliani, Kisling, Soutine et les autres). Né Julius Mordecai Pincas (1885-1930), il utilise un anagramme de son nom de naissance. Il a grandi en Bulgarie. Après avoir fréquenté un temps les expressionnistes allemands (dont l’influence est perceptible dans sa peinture avant 1914), il arrive en 1905 à Paris. Il rencontre Hermine David (1886-1970), femme-peintre comme lui, en 1907 et elle devient sa compagne… En 1914, comme il est natif de Bulgarie, nation alliée de l’Allemagne, il doit partir de France et il rejoint Brooklyn (il était assez connu aux États-Unis depuis 1912). Hermine le rejoint l’année suivante. Ils prendront la nationalité américaine et se marieront en 1918 avant de rentrer en France en 1920.

Ernest Hemingway dans Paris est une fête, a raconté une rencontre au Dôme et 1924 et écrit que Jules Pascin était un « très bon peintre et il était ivre, constamment, délibérément ivre, et à bon escient. »

Durant leur période américaine, Pascin et Hermine vont passer entre 1915 et 1917 un long moment en Louisiane, au Texas, puis en Floride et à Cuba, des destinations exotiques et inhabituelles pour des Parisiens naviguant habituellement entre Montmartre et Montparnasse. Expressionniste, doté d’une sensibilité rare, Pascin a été d’abord le peintre de la Femme ou plutôt des femmes. Il a peint aussi de nombreuses aquarelles de paysages jusqu’à un accord avec Hermine. Désormais, Il peindrait des portraits et elle peindrait des paysages afin qu’ils ne s’influencent pas trop l’un l’autre.

Albert Barnes a fait la fortune de Pascin comme il a fait celle de Soutine, en achetant massivement à partir de son séjour à Paris en 1922. La collection compte encore aujourd’hui 57 tableaux et dessins de Pascin (et plus de 200 Renoir, 60 Matisse, etc.).

Nous ne saurions dire où notre tableau du jour a été peint, mais la lumière, le fauteuil, font penser au Sud, celui des États-Unis, des Bahamas ou de Cuba.

04/04/2016

Photo Courtesy The Athenaeum, rocsdad