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Le Jardin de M. Hoschedé à Montgeron, Alfred Sisley

Sisley Le Jardin de M. Hoschedé à Montgeron

Le Jardin de M. Hoschedé à Montgeron, 1881, h.s.t., 56 x 74 cm, Alfred Sisley, musée Pouchkine, Moscou

Aux débuts de l’impressionnisme

Tout commence vers 1870. Ernest Hoschedé (1837-1891) a épousé Alice Raingo (1844-1911) en 1863. Alice reçoit en héritage le château de Rottembourg à Montgeron (91) dans lequel les Hoschedé s’installent en 1869.

Ernest est un homme d’affaires, propriétaire d’un magasin de lingerie à Paris, le « Gagne-Petit ». C’est l’époque des grands magasins et du Bonheur des dames de Zola. Mais Ernest est aussi passionné d’art et flambeur. En mars 1870, pour une réception au château, il loue un train qu’il fait arrêter devant le parc du château, pour que les invités n’aient pas à marcher depuis la gare.

« Chéri, s’il te plaît, gare le train à l’entrée du jardin ! ». On imagine bien la scène.

Mais la guerre arrive bientôt. Les Hoschedé fuient devant l’arrivée des Prussiens puis reviennent en mars 1871. Ernest est féru de peinture moderne. En 1874, il est le premier acquéreur de Impression, soleil levant d’un certain Claude Monet (pour 800 francs).

Quand l’homme d’affaires joue les mécènes

Pour décorer les grandes pièces de son château, il a l’idée d’inviter les artistes qu’il admire au château pour quelque temps, afin qu’ils réalisent des tableaux sur place. .

Les premiers à venir en juin 1876 sont Édouard et Suzanne Manet qui restent 2 semaines. Puis c’est au tour d’Alfred et Marie-Eugénie Sisley en juillet. Puis Claude Monet arrive en août. Il restera là jusqu’en décembre.

Mais Ernest fait bientôt faillite et il perd tout : son château, ses tableaux et même… sa femme et ses enfants qui partent vivre avec et chez Claude Monet à Vétheuil. Alice deviendra ensuite la seconde madame Monet. Lors de la vente finale à Drouot en mai 1878, plus de 130 tableaux sont vendus et Impression, Soleil levant est adjugé dans l’indifférence générale au prix ridicule de 210 francs. Parmi les toiles, 13 Sisley, 16 Monet, 5 Manet, etc.

Un tableau énigmatique

Notre tableau du jour est présenté en 1881. On peut penser qu’Alfred Sisley l’avait commencé en 1876, puis mis de côté et l’a repris en cette année-là avant de le signer et de l’exposer. Il a d’abord appartenu au baryton J.B. Faure (qui avait été le mécène de Sisley en 1874 pour son voyage en Angleterre). Puis Durand-Ruel l’acheta en 1900 et le vendit en 1904 pour la modique somme de 40 000 francs au grand collectionneur russe Ivan Morozov, qui faisait ses achats de tableaux à Paris très souvent. Ce prix modique représentait déjà une multiplication par 200 par rapport aux prix de Sisley juste avant sa mort (environ 200 francs) en 1899, 5 ans avant. .

Mais la collection Morozov fut ensuite nationalisée (confisquée) par les Soviets en 1917 et le tableau de Sisley s’est ainsi retrouvé au musée Pouchkine, une histoire folle qui justifierait à elle-seule plusieurs publications.

Toutes ces aventures ne doivent pas vous empêcher d’apprécier ces harmonies de verdure, peintes depuis le fond du parc.

25/11/2015

Photo Courtesy The Athenaeum, rocsdad